C'est confirmé, les zadistes sont bien des visionnaires

Rien de nouveau sous le soleil ? Non... enfin si, la destruction du vivant naturel accélère encore. Le WWF vient de publier son nouveau rapport sur la disparition des espèces animales : "Depuis 1970 nous sommes responsables de la perte de 58% des espèces de vertébrés."

C'est sur cette page de France Inter où l'on peut suivre l'intervention de Pascal Canfin, ancien ministre et actuel directeur du WWF France : https://www.franceinter.fr/emissions/planete-environnement/planete-environnement-27-octobre-2016

On lit aussi :

"Nous sommes coupables de la disparition des zones humides. Or il y a des habitants, des poissons, des amphibiens, leur abondance a diminué de 81%."

En fait, à part le coté chiffré de l'étude, rien qu'on ne savait pas déjà et, à force de s'habituer à l'idée, ça devient lassant de le dire et de le redire.

Mais qui est le nous de "Nous sommes coupables" ? Pas les zadistes qui défendent les zones humides en tout cas.

Pas ceux de la zone du Testet, contre le barrage de Sivens (abandonné en mars 2015, mais vite remplacé par un projet plus modeste) dont la déclaration d'utilité publique, datant de 2013, a été annulée par le tribunal administratif de Toulouse le 1er juillet dernier.

Ce tribunal s'est rappelé de l’article L.211-1 du code de l'environnement :
"La préservation et la gestion durable des zones humides sont d'intérêt général".

ZAD toujours ! ZAD_vaincra (image : ZAD vaincra, par Quentin Faucompré)

Allez, c'est le moment de relire un très beau texte d'appel à l'occupation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, texte datant de 2008 déjà :


Appel occupation des habitant-e-s qui résistent

L’aéroport de Nantes, c’est NON. [comprendre l'aéroport en projet à Notre-Dame-des-Landes, pas celui actuel de Nantes-Atlantique]

Le monde s’enfonce dans une crise climatique angoissante, mais la classe politique continue de parler une langue morte. Les gens qui défendent le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes pensent l’avenir avec les mots d’un passé qui ne reviendra pas. Ils sont les héritiers de ceux qui attendaient l’armée allemande derrière la ligne Maginot, et qui se trouvèrent débordés en une nuit de mai 1940 par les blindés du général Gudérian. Comme eux ils se trompent d’époque.

Nous pourrions rire, si ce n’était aussi grave, du discours des promoteurs du nouvel aéroport. Comme la Toinette du Malade imaginaire, qui répond « le poumon » à toutes les questions posées sur la santé d’Argan, ils répètent, hébétés par eux-mêmes : la croissance, la croissance, la croissance.

Ils ne savent pas. parce qu’ils ne le sauront jamais, que notre planète atteint déjà ses limites physiques dans des domaines vitaux. Le transport en fait partie. Dans un monde fini, ceux qui poussent encore à la destruction des espaces et des espèces sont de redoutables aveugles.

La question de l’aéroport n’est pas de droite ou de gauche. Elle est une affaire humaine. et pour cette raison nous nous en emparons. Ailleurs dans le monde, comme autour de l’aéroport londonien d’Heathrow, les mêmes que nous ont décidé d’agir : nous sommes l’espoir en mouvement. quand ils n’incarnent que le renoncement.

Tous : le maire-de Nantes Jean-Mare Ayrault comme le premier ministre actuel François Fillon. Le pouvoir ne cesse de nous rabâcher que nous vivons bien au-dessus de nos moyens. que nous avons mangé notre pain blanc. Avoir un hôpital de. proximité serait devenu un luxe intolérable : on en supprimera donc 250. Redon, Chateaubriant, Ancenis font partie de la liste ; mais un aéroport i pour aller rejoindre les plages méditerranéennes, est une inéluctable nécessité, un intérêt public. L’économie marche sur la tête. Il est grand temps que les hommes reprennent en main leur destin.

Nous savons que ce combat, commencé il y a 35 ans, sera encore long et difficile. Et c’est pour cette raison que nous lançons ce 1er mai 2008 un appel à toute la France, à toute l’Europe. Il faut soutenir le mouvement contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes avec toutes les forces disponibles. Et par des moyens rarement utilisés à l’échelle que nous l’envisageons : l’occupation du territoire, la désobéissance civile, le refus complet et définitif.

Le compromis n’est pas possible, car ce : combat qui continue, et qui concerne chacun, est entre une vie possible et un cauchemar certain. Nous vaincrons, non parce que nous sommes les plus forts, mais parce qu’il n’y a pas d’autre solution.

Nous appelons donc, partir du pique-nique contre l’aéroport du 29 juin, à établir des campements d’occupation sur les terrains que se sont injustement appropriés les promoteurs de ce projet aberrant. et mortifère.

Des habitants qui résistent, le 1er mai 2008

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