C’était une place …

C’était une place de plus en plus vide où il passait de moins en moins de monde. Et pourquoi donc était-ce si calme sur la place appelée Philosophie ? Ils faisaient quoi les gens, ils ne pensaient ni ne réfléchissaient ?

Non les gens, ils font des affaires.

Et leurs parents ?

Ils faisaient des affaires.

Et leurs grands-parents ?

Ils faisaient la guerre.

Et leurs enfants ?

Ils feront des affaires ou la guerre. Ici monsieur on ne pense ni ne réfléchit, on fait soit la guerre pour de futures affaires, soit des affaires pour de futures guerres. Et quand on y pense ou qu'on y réfléchit, on arrive quand même à la guerre et aux affaires. C’est normal monsieur, la vie est contingentée par la nécessité, la nécessité conduit aux affaires, les affaires conduisent à la guerre puis la guerre aux affaires et le cycle une fois commencé ne s’arrête plus car la nécessité non plus ne s’arrête pas qui conduit à la guerre nécessaire nécessairement liée aux affaires nécessaires.

Il y eut un penseur et il réfléchit et trouva qu’il fallait comprendre le nécessaire de la nécessité puisque qu’il ne semblait pas y avoir d'aléa si hasardeux qu’on ne puisse l’expliquer par une nécessité, si fortuite semblait-elle. Il trouva cependant un absolu plus fondamental que la nécessité à laquelle il ne trouva en elle-même aucune autre explication. C’était la volonté. C’était l’absolu vouloir vivre qui anime l'araignée fuyante aussi bien que les êtres humains. Il n’y avait rien en deçà et tout ce qui était au-delà, toute nécessité, toute affaire, toute guerre, s’y rapportait.

comments powered by Disqus

liens

social